Chapitre 9

etoile

Zacharie se fondit dans les ténèbres, son capuchon d’écailles baissé jusqu’au bout du nez. Deux miliciens s’approchaient. Lorsque leur torche perça la brume du carrefour, le jeune garçon se recroquevilla un peu plus, camouflé derrière les tonneaux. Il ferma les yeux, retint sa respiration et pressa contre son cœur un paquet emmailloté et tâché de sang.

La patrouille traînait le pas sur les pontons. Aucun signe d’affolement. Personne n’avait constaté son crime. Pourtant, on ne tarderait pas à le découvrir, à se lancer à ses trousses. Il lui restait peu de temps. L’aube approchait. Les pêcheurs partiraient bientôt pour le large et Kelluva, la ville flottante, s’animerait comme chaque jour offert par Valta, le dieu Océan. Il fallait agir vite pendant que tout le monde dormait encore à poings fermés. Son cabanon n’était pas si loin. Il y récupérerait son épée et la perle d’alliance avant de filer vers les côtes impies.

Par delà l’écume et la houle, songea Zacharie, avant de jeter un œil entre les tonneaux.

Dehors, derrière les filets de pêche, les mâts dressés des drakkars ballottaient sur l’horizon cafardeux. Les lueurs vacillantes et lointaines des patrouilles s’y découpaient dans une brume épaisse, propice à l’évasion. La torche des miliciens en approche dessinait des ombres folles sur les murs et les pontons. Elle s’accompagnait du murmure étouffé des deux hommes et du clapotis entêtant des vagues qui fouettaient les coques alentour. Toute cette ambiance sonore masquait la respiration saccadée du jeune garçon aux aguets. Son cœur gonflait ses tempes. Il avait les mains moites. L’humidité des embruns matinaux n’aidait pas.

« Ici, c’est le cabanon de Rorick Le Gras », lança le premier milicien.

Les bruits de pas cessèrent.

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