Chapitre 15

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« Qu’attendons-nous ? » crissa 2,6-Dimethylpiperidine.

Le jeune chitine, un protégé accueilli la veille par Xenon, frottait ses mandibules l’une contre l’autre. Un son strident en résultait, un son aux harmoniques que la délégation comprenait et pouvait reproduire parfaitement. Il lui suffisait d’agiter de minuscules appendices internes recroquevillés près de ses cordes vocales évoluées, pour émettre des ondes compréhensibles par les Crisseurs de son espèce.

« On attend le signal pour sortir ! » affirma sereinement Xenon.

Il éprouvait une maigre appréhension depuis qu’un coup de feu avait retenti à l’étage et que trois claques-silex s’étaient invités à l’intérieur du Présage en brisant les hublots. Pas de quoi le faire paniquer. Xenon savait se contrôler. Alors, comme tout bon chitine, il n’en montrait rien. Pour maîtriser la situation, il se contentait de calmer les ardeurs de son protégé. Agenouillés derrière le bar du salon, ils attendaient tous les deux que le grabuge se tasse.

De l’autre côté, les troupiers Busc et Carnequin, débordés par les évènements, s’acharnaient à combattre à coup de baïonnette les trois oiseaux furieux qui se jouaient de leur maladresse. Par intermittence, les intrus secouaient violemment leurs larges ailes membraneuses en bondissant vers l’avant. Leurs cris rauques entraînaient dans une danse ridicule les soldats empotés qui se prenaient les pieds dans les tapis, les genoux dans les tables.

« Aïe ! hurla Busc en se tenant le mollet.

— Il s’est carapaté la d’ssous ! Chope le don’ ! rétorqua son collègue, dépité.

— Comment ? Il sautille ! Il sautille partout ! »

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