Outre-Savoir – Maa, le Monde Océan

Cette note contient des révélations sur le Chapitre 10.

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Cette note fait partie d’une série qui tournera autour de l’Outre-Savoir.

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Avant-Propos

Extrait de l’Encyclopédie d’Outre-Savoir, Tome XXIV

Toi, résident de Daehra en quête de réponses, curieux en mal d’Outre-Savoir. Oui ! Toi qui consultes ces pages en dépit de la censure orchestrée par la Renonciation. Sache que les informations que tu pourras lire ici sont toutes issues, sans exception, du témoignage des Vogueurs et des Sombreurs originaires de Maa, deux peuples accueillis par l’Enclave lors de la grande cérémonie annuelle d’Intronisation. À travers ces histoires qui traversent l’espace et le temps, hommes et femmes nous livrent les légendes et les coutumes de leur monde, aujourd’hui compilées par les érudits qui siègent à l’université d’Egydön. Considère-toi comme chanceux ; rares sont les néophytes admis dans la bibliothèque la plus décriée de toute l’Enclave. Cet extrait retravaillé spécialement pour toi se cache dans l’un des nombreux tomes de l’Encyclopédie d’Outre-Savoir.

Dans un premier temps, nous t’y parlerons des trois ethnies principales qui peuplent ce monde lointain, et nous verrons ensemble leurs déités, leurs légendes et leurs coutumes. Puis, tu pourras consulter la géographie de Maa, à l’aide d’une carte dessinée grossièrement par l’un des cartographes de l’université.

Alors, bonne lecture ! Mais, surtout, dépêche-toi ! La bibliothèque ferme à 16h30.

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1 – Peuples de Maa

Les archéologues sont incapables de dater l’apparition des peuples de Maa sur l’échelle de l’outre-temps. On constate pourtant que les représentants qui ont atteint Daehra ne sont que des êtres archaïques sur le plan des croyances et des techniques artisanales. Bien sûr, tout ça n’est que pures suppositions. Quoi qu’il en soit, Maa abrite trois peuples, tous issus d’une même souche d’humanité. Les plus connus sont les vogueurs, des navigateurs émérites qui s’associent aux sombreurs, explorateurs des fonds marins. À ces deux premiers s’oppose un troisième, celui des fouleurs qui a élu domicile sur la terre ferme.

1.1 – Les Sombreurs et les Vogueurs

Ces deux peuples vivent séparément lors des premiers âges de Maa. Puis, en raison leur proximité et leurs besoins d’exploiter les ressources marines, ils s’associent et ne forment plus qu’une seule société divisée en deux castes principales, au sein des villes qu’ils partagent. La caste des vogueurs se compose principalement de navigateurs, de pêcheurs et de récolteurs, mais aussi de guerriers prévus pour combattre les fouleurs dans des conflits qui n’en finissent pas. La caste des sombreurs, quant à elle, relie les hommes et les dieux en s’adonnant à son devoir sacerdotal. Prières et célébration du culte sont au rendez-vous. Les premiers nourrissent les corps, les seconds l’esprit.

De par leur allégeance au dieu océan Valta, les vogueurs vivent essentiellement sur les flots, alors que les sombreurs, adorateurs de Renpohja, dieu des abysses, préfèrent tutoyer les profondeurs aquatiques. D’après les préceptes religieux que ces derniers inculquent aux vogueurs, il est interdit de poser le pied à terre, sous peine de devenir un fouleur hérétique. Seuls certains métiers permettent d’outrepasser ces dogmes, comme celui de bûcheron, par exemple, ou encore celui de guerrier envoyé pour combattre la menace terrienne et maintenir les accès aux forêts exploitées. Contraints de vivre éternellement sur la mer, les vogueurs qui ne répondent pas à ces exceptions évitent d’approcher des rivages et s’établissent dans des cités flottantes. Chacune de ces villes est construite autour d’une imposante cathédrale de fer édifiée par les sombreurs et dont les colonnes métalliques reposent sur les fonds marins. Conçue pour s’abîmer dans les profondeurs comme une cloche de plongée, elle peut emmener les récolteurs, les priants, adeptes de Renpohja. À la surface, maisons, pontons et drakkar s’amarrent à ses colonnes immuables grâce à de lourds cordages. Ballotté par les roulis incessants, l’ensemble forme un imbroglio de rues labyrinthiques et interchangeables.

En ce qui concerne l’artisanat, les vogueurs travaillent principalement l’algue, cultivée en ferme sous-marine, et le poisson, qu’ils déclinent en tissu ou en galuchat, un cuir marin. La pêche et la récolte alimentent aussi le commerce d’ustensiles divers fait d’os et de coquillage, transformés, par exemple, en parures ou en outils. Les vogueurs manient le bois des terres impies avec précaution et délicatesse. Il est le socle qui les soutient, celui qui se laisse porter par les vagues. Il est la finesse des décorations qu’on retrouve sur les proues des drakkars et les poutres apparentes des maisons. Il est le barrage entre l’ennemi et ses flèches, le bouclier qui se dresse face aux fouleurs. Mais il n’est pas la seule matière première qu’on retrouve sur les villes flottantes. En effet, il s’associe aux métaux, extraits des roches abyssales, que les sombreurs fondent et modèlent dans les Cloches d’où sortent armes et armures, clous et ancres. Les peuples s’échangent alors leurs denrées. Ils troquent. Ils marchandent.

1.2 – Les Fouleurs

Peu d’informations nous sont parvenues au sujet des fouleurs, car aucun d’entre eux n’aurait atteint Daehra. Là où les vogueurs sont considérés comme les fils de Valta, les fouleurs représentent ceux de Tuuli, autoproclamé dieu du vent. On les sait capables de chevaucher les salamandres qui, à une époque lointaine, prirent possession des terres et forcèrent les hommes à quitter, dans l’urgence, ce premier lieu d’habitat. Nous pensons que ces évènements correspondent à la base fondatrice de ces trois peuples et à la raison, fondée ou non, de leur éternel affrontement. Les légendes racontent leurs versions des faits. Des versions très discutables d’ailleurs, déformées par une transmission principalement orale et une religion discriminante qui exclut tout contact amical entre les marins et terriens.

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2 – Les Déités et leurs Créatures

Comme les peuples, les déités primordiales sont au nombre de trois.

Il est dit qu’à la naissance du monde, les trois dieux ouvrirent les yeux en même temps et observèrent le tout puissant soleil qui écartait leurs paupières. Puis, Tuuli prit la parole en premier. Il réclama les terres. Ses frères lui accordèrent son souhait ; le coeur du monde lui revint. À son tour, Valta réclama les vagues. Ses frères lui accordèrent son souhait ; les océans s’installèrent au-dessus du domaine de Tuuli. Enfin, Renpohja réclama les abysses. Ses frères lui accordèrent son souhait ; les abysses devinrent le domaine de Renpohja.

Pour communiquer, ils décidèrent de créer Niellä, l’Avaleur de Monde. Capable de traverser chacun des trois domaines. Semblable à un serpent, Niellä pouvait percer la croûte terrestre, onduler dans les eaux obscures et naviguer sur les flots. Grâce à lui, chacun gouverna tranquillement et laissa la vie prospérer. Les salamandres souterraines possédaient le coeur flamboyant de Maa, les créatures marines investissaient l’espace aquatique et les hommes naviguaient sagement.

Petit à petit, une complicité naquit entre Renpohja et Valta. Le troisième, isolé, jalousa l’intimité de ses frères. Alors, pour se joindre à eux, il souleva les terres hors de l’eau et étendit son domaine. Curieux, les hommes s’y installèrent, délaissèrent les mers et se détournèrent de leurs dieux pour aduler Tuuli qui renforça son emprise sur le monde. Mais, le dieu en voulait plus et lorsqu’il décida de faire sien l’espace céleste encore vierge de toute intervention divine, ses deux frères s’y opposèrent farouchement.

« Tu piétines notre père le Soleil, avançaient-ils. Le Ciel est son royaume.
— Si le Ciel est son royaume, qu’il vienne me le reprendre ! »
Le Soleil ne se soucia pas des guerres fraternelles ; il continua sa course.

Tuuli prit alors conscience de sa supériorité ; il fit couler le feu et cracher la cendre sur ses terres pour retenir les eaux. Rapidement, le soleil disparut derrière les nuages. Le monde sombra dans la folie. Les laves en fusion vomissaient des salamandres. Les forêts, les cultures, les chaumes s’embrasaient. Certains hommes, incapables de se défendre, se retranchèrent sur les océans originels, loin du tumulte. Ils se renommèrent vogueurs et sombreurs, renouèrent avec Valta et Renpohja. D’autres survécurent aux attaques et maîtrisèrent les créatures enflammées. On les nomma fouleurs. Tuuli se proclama dieu du vent. Depuis, ses deux frères l’empêchent d’empiéter sur leurs domaines. Ils se partagent les océans, maintiennent en place l’équilibre des forces divines.

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3 – Quelques Coutumes des Vogueurs

3.1 – L’Encre Sacrée

Chez les vogueurs, l’encre à une importance capitale puisqu’elle rythme l’évolution au sein même d’une caste (Guerrier, Charpentier, Pêcheur, Récolteur, Priant… ). C’est aussi la clef du passage à l’âge adulte. Ainsi, dès 10 ans, les enfants arborent leur premier tatouage. Le plus souvent, il consiste en une proue de drakkar, portée sur le torse. On l’agrémente de symboles relatifs à la caste dans laquelle le jeune garçon ou la jeune fille sera accueilli. On peut citer, par exemple, le symbole du bouclier, qu’on réserve au premier-né masculin de chaque famille. Ce dessin guerrier, le voue à servir corps et âme l’armée combattant les fouleurs. À la suite de deux années d’entraînement, il rejoindra dès 14 ans, les terres impies pour participer à la sécurisation des scieries et la reprise éventuelle des camps mis à sac.

Le tatouage est donc un signe d’appartenance, mais il est surtout signe de fierté ; on ne le dissimule jamais. L’un des pires châtiments pour un vogueur, consiste d’ailleurs à effacer ce tatouage, détruire son identité aux yeux de la société, par ablation barbare des tissus. Les hommes ainsi punis, s’ils sont encore sains et saufs, finissent par vivre en ermite ou par rejoindre les terres impies pour intégrer les fouleurs.

À la mort d’un vogueur, on bénit son corps en le tatouant de la tête au pied. Sa peau, naturellement blanche, prend une teinte bleu-marine. Il est alors relâché dans les abysses

3.2 – La Perle d’Alliance

Le perle d’alliance est une perle issue de l’ostréiculture qu’on offre à deux enfants destinés l’un à l’autre. Lors de leur première relation sexuelle, la perle doit relier leur nombril pour sceller leur union. Généralement, l’homme la conserve pour la remettre à sa femme à la naissance de l’enfant. Si la perle est perdue, elle entraîne le malheur sur la famille en devenir.

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4 – Géographie de Maa

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Ce tracé, présenté ci-dessous, est le résultat d’un dialogue entre les érudits d’Egydön et les ressortissants de Maa. Il est issu des mémoires des sombreurs qui se laissèrent aller à décrire leur propre monde et ses limites connues par eux seuls.

Des terres à l’océan qui entourent cet unique continent central, Maa peut sembler bien petite. Beaucoup se demandent si elle ne ferait pas partie d’un tout bien plus grand, d’une planète plus vaste où vivraient d’autres peuples encore inconnus des chercheurs en outre-savoir. Les trois grandes villes qui apparaissent sur la carte sont celles qui reviennent le plus souvent dans les témoignages. La première, Kelluva, correspond à la plus importante ville des vogueurs et des sombreurs, elle a très bien été décrite dans un autre tome de l’encyclopédie. Lekki et Järvi restent des villes fantasmagoriques conquises par les fouleurs.

Berceau de Valta : Cette zone sablonneuse est l’une des régions les plus exploitées par les vogueurs pour la pêche et la récolte de coquillages. La faible profondeur des mers leur permet de plonger sans utiliser les cloches des sombreurs.

Fosse de Renpohja : C’est sur le bord de cette fosse que les cloches des sombreurs descendent pour célébrer les messes en l’honneur du dieu des abysses. On y relâche aussi les morts et les prisonniers fouleurs. Les premiers, pour les accompagner vers l’au-delà, les seconds, pour les livrer à la noyade ou à une remontée mortelle, puisque non soumise aux paliers de dépressurisation.

Terres impies : Ces terres appartiennent aux fouleurs, mais, en bordures, les vogueurs s’y installent pour exploiter les forêts. Les salamandres ne s’y aventurent plus. Les reliefs y sont très accidentés et la végétation, luxuriante.

Helvetti : C’est le point d’entrée des salamandres. On raconte qu’il s’agit d’un volcan qui relit le monde primordial de Tuuli, le coeur, avec celui qu’il s’est approprié par la suite, le ciel.


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