Chapitre 12

Haut-de-forme

Mobius ne réfléchissait plus. Quelqu’un attendait son aide. La détresse de Zacharie perçait ses monceaux d’appréhension entrelacés d’angoisses. Il lui avait suffi de prononcer une simple phrase, ces simples mots, au bord des larmes, imprégnés de candeur.

« Où est Aliénor ? »

Mobius avait vu Lhortie se crisper, Xenon se figer. La question entrait indéniablement en résonance avec leurs propres souvenirs. Où sont nos proches, ceux qu’on aime, ceux qui comptent vraiment ? Où sont nos racines, notre patrie, nos pairs, nos amis ? L’Enclave y répondait en quelque sorte, lors du rituel d’Intronisation. Buvez l’eau et vous saurez  ! La Renonciation niait ces interrogations. Les capites les interdisaient. Mais peu qu’importait de savoir, d’être contraint à oublier ou même de rejeter, le monde en souffrait terriblement. Tous en souffraient. Tous gardaient l’espoir de revoir un jour leur famille. Tous ressentaient ce manque infini de ceux qu’ils avaient connus, côtoyés, chéris, à présent inaccessibles. Mobius y pensait toujours. Ses tuteurs, ses quelques camarades, cette fille mystérieuse qu’il n’avait pas eu le courage d’approcher. Parfois même, il se surprenait à songer à des visages croisés dans les rues, des situations qui l’avaient profondément touché : un mendiant au regard rieur, une vieille femme assise sur un banc à ses côtés pour discuter, un sourire émerveillé. Il revoyait la peau grêlée du premier, les traits avachis de la seconde. Il revivait cet instant, tous ces instants qui n’appartenaient plus à cette nouvelle réalité, mais qui persistaient à travers lui, comme le dernier lien, la dernière fenêtre sur son passé.

« Où est ma sœur ? »

Zacharie subissait déjà le même processus à travers sa question, sa colère, son appel à l’aide. Il ressentirait la dure loi de l’absence, de l’abandon, du deuil, mais il se relèverait. Désormais, Mobius pouvait se relever, à son tour. Il pouvait tendre la main, se rendre utile, porter cet homme à la dérive, cette carcasse amorphe, pousser sur ses jambes, de toutes ses forces, le traîner sur son lit de fortune, l’allonger timidement, camoufler sa pudeur d’une simple couverture, redresser la table de nuit, y dénicher les quelques vêtements prévus pour lui, l’aider à s’habiller en détournant le regard, rougir lorsqu’il rencontrerait cette peau claire, ses yeux verts sur le point d’abdiquer.

Mobius s’accomplissait enfin dans cette mission. Elle prenait tout son sens. Elle l’investissait. Il se revoyait, un an en arrière, jour pour jour, l’esprit embrumé, lamentable et perdu, en route pour Apostasis la Morte. Puis, il entendait les encouragements des habitants de Baladrek, les seuls à l’avoir soutenu dans ses heures les plus sombres, le rire gras et jovial de Waldhar, son dirigeant, qui, entre deux verres de vinasse, le bousculait pour qu’il découvre les plaisirs de cette nouvelle vie. Depuis cette période heureuse et jusqu’à ce jour-là, Mobius n’avait jamais cru aux dires de ses camarades, lorsque ceux-ci avaient tenté de le persuader des bienfaits du voyage. Comment aurait-il pu croire que l’incontournable cérémonie annuelle le remettrait d’aplomb ? Il subissait l’avènement de Baladrek au Conseil de l’Enclave. On ne lui avait pas laissé le choix. Il n’avait jamais pris le temps de choisir. Ses études d’anatomie ennuyeuses, le calice vide des capites, l’embarquement à bord des arches, tout n’était qu’une marche à suivre, un chemin tout tracé. Pourtant, Zacharie lui offrait la possibilité de prendre l’avantage sur ses peurs, la possibilité d’agir.

Et voilà que Mobius agissait.

« J’ai ceci pour vous », commença-t-il.

Sa voix brisa l’entêtante litanie des lointaines hélices. Il avait tiré la chaise près du lit. Un fruit rouge, rabougri et rugueux se nichait dans sa paume offerte. Assis sur le matelas, dos au mur, Zacharie grimaça. La délégation l’avait endimanché d’une tenue que l’Enclave réservait aux nouveaux arrivants. Comme on ne pouvait prévoir leur taille, leur sexe et leur race, il était coutumier d’acheminer jusqu’à la Griffe Noire d’amples vêtements de modeste facture, facilement ajustables. Ainsi, le malheureux s’était vu fagoté d’une large et grise chemise à lacets latéraux, au col plongeant sur le devant, couplé d’un pantalon ceinturé par un épais ruban grenat. Mobius l’avait aidé, les mains fébriles, à enrouler les bandeaux feutrés autour de ses mollets encore engourdis. Deux fibules argentées à l’image de l’Ouroboros Brisé en maintenaient l’arrangement. Rien de bien élégant. Juste ce qu’il fallait pour camoufler sa nudité.

« C’est une sorte… une sorte de pomme, je crois… »

Zacharie hésita.

« C’est un peu fort, mais on s’y fait. Je me la réservais pour onze heures, mais…

— Merci. »

Il l’attrapa. Leurs doigts s’effleurèrent un instant. Zacharie avait la peau douce, caractéristique de tous les nouveaux arrivants. Mobius l’avait ressentie lui aussi en redécouvrant son propre corps, un an auparavant. Tout le monde s’accordait là-dessus ; le transfert provoquait des altérations de la matière organique, expulsait tous les colifichets, les tatouages, plombages, broches, greffes et piercings dont on avait pu se doter. Le corps arrivait vierge, presque neuf. Les cicatrices, quant à elle, subsistaient. Zacharie en portait quelques-unes, profondes, sur les cuisses, les avant-bras, les côtes. Très certainement des marques récoltées lors de combats primitifs et violents.

« Allez-y ! Mangez ! La peau s’avale aussi. On s’adapte vite à la nourriture locale ! »

Zacharie croqua à pleines dents. Une odeur sucrée explosa dans la pièce. L’homme dévora le fruit en quelques bouchées, comme si la faim le taraudait depuis des jours. Il n’en resta rien, pas même un trognon. Quand il eut fini, il s’essuya la bouche du revers de la main.

« Vous savez… »

Mobius prit une profonde inspiration. Il lorgnait le parquet. Il déglutit.

« Nous avons tous laissé quelqu’un derrière nous… »

Zacharie se gratta la tête, soucieux. L’autre l’observait attentivement.

« Derrière nous ? répéta-t-il fébrilement. Mais où on est ?

— Personne ne le sait. Loin de notre ancienne vie ! »

La délégation mesurait ses mots.

« Ce n’est pas vraiment une explication suffisante, je le sais bien ! Nous avons juste échoué ici, dans… dans l’Enclave. C’est un peu comme un immense continent. »

Maladroitement, il dessina un cercle d’une main.

« Où les villes se regroupent pour survivre en communauté. »

Il pointa l’espace de sa carte imaginaire.

« Mais on ne peut pas le quitter », ajouta-t-il.

Zacharie restait muet.

« On a jamais pu revenir en arrière. Est-ce que vous comprenez ? »

Devait-il aborder le sujet de la Muraille de Carcas ?

« Je… Pas vraiment… ! »

Zacharie écarquilla les yeux. Non ! Mobius lui en parlerait plus tard.

« Vous… vous voulez que je continue ?

— Pourquoi je suis ici ?

— Pas évident comme question. Pourquoi sommes-nous vivants ?

— C’est simple, s’étonna Zacharie.

— Oh… !

— Valta nous a donné la vie pour le seconder sur les océans.

— C’est peut-être un peu plus…

— Nous sommes là pour honorer l’équilibre des vents et des eaux.

— Vu sous cet angle…

— Il y en a d’autres ?

— De quoi ?

— Des angles ? »

Mobius ne comprenait pas un traître mot de ses élucubrations. Venait-il d’un endroit où une seule croyance dominait les peuples ? Était-il pieux au point qu’il se voilait l’esprit et ne reconnaissait qu’une seule et unique possibilité à la création du monde ? C’était tout à fait possible. Après tout, les peuples archaïques nageaient généralement dans l’obscurantisme. Du moins… c’était ce qu’il s’imaginait. Celui-ci devait appartenir à une civilisation encore bercée dans l’illusion d’une terre plate aux frontières brumeuses. Il fallait lui faire comprendre autrement.

« Répondez à cette simple question alors, lança Mobius. Qu’est-ce que la vie ? »

Zacharie le dévisagea, muet.

« Vous voyez, votre “Pourquoi je suis ici ?” est aussi complexe que ça. Mais, dans deux jours, vous aurez une partie de la réponse. L’Eau de Révélation concentrera vos souvenirs, les réordonnera. Elle vous offrira la Vérité. La Vérité de… »

Son propre discours le dérangeait. Était-ce vraiment la Vérité ?

« Mais, je… je me souviens très bien ! intervint Zacharie.

— Ha ! Ce n’est pas ce que…

— Je l’ai vu. J’ai vu la raison. J’ai vu Niellä, l’Avaleur de Monde.

— Nous avons tous vu quelque chose de différent !

— Il m’a englouti ! »

Zacharie regarda ses mains.

« C’était réel. Je l’ai senti. L’eau, le vent, le froid.

— Il faut que vous vous ôtiez tout ça de la tête !

— Mais…

— Ce ne sont que des images, une sorte de symbolique. Rien de plus ! »

    L’autre se redressa, bouche bée.

« De même que je ne sais pas qui sont Niellä ou Valta !

— Ce sont nos dieux ! s’exclama-t-il. Les vôtres ! »

Mobius serra les lèvres. Il sentait l’imperméabilité de son interlocuteur. Était-ce vraiment le moment pour lui révéler que ses dieux n’existaient sûrement pas, que tous les peuples qui grouillaient dans l’Enclave venaient, pour une obscure raison, de mondes distincts, d’époques éloignées les unes des autres ? Devait-il aborder les querelles métaphysiques qui s’enlisaient autour de ce fameux “Pourquoi”, cette minuscule question vertigineuse qui ébranle les sensibilités, ces quelques lettres qui pétrissent perpétuellement les frontières terrestres et spirituelles ? Zacharie semblait obnubilé par ses croyances. Lors de l’accueil, un capite n’aurait eu aucun scrupule à les balayer d’un geste, à lui laver l’esprit. Il lui aurait suffi de quelques phrases insidieuses, d’un peu plus de drogue pour le maintenir dans un état léthargique. Ces créatures ne respectaient rien. Elles niaient la vie elle-même. Alors, fallait-il lui mentir, le laisser espérer ?

Mobius se figea.

« Excusez-moi ! Je ne peux pas… »

Il n’y a aucun dieu, se persuada Mobius. Les dieux sont des voiles, des concepts.

Son raisonnement s’approchait d’une logique malsaine, empreinte des relents renonciateurs, cette réflexion qu’il exécrait tant, mais qu’il comprenait pourtant. Comment un quelconque dieu pouvait-il les abandonner de la sorte dans cette brèche entre les mondes ?

Un moyen pour ne pas faire face, une échappatoire futile. Est-ce une certitude ?

Il se sentait incapable d’affronter Zacharie. Pas alors que l’homme s’ancrait corps et âme dans l’amour de divinités surannées. Une force, comme une faiblesse, les deux faces d’un même miroir. Il ne pouvait pas briser l’illusion.

Une détonation l’extirpa soudainement de ses rêveries. Zacharie, surpris lui aussi par le bruit, regardait le plafond avec intérêt. Il y avait bien eu un son étrange, qui s’apparentait à un coup de fusil sur de la tôle. Mais pourquoi penser au pire quand il existait d’autres raisons moins anxiogènes, plus plausibles ?

« Ils ont du faire tomber quelque chose à l’étage », expliqua Mobius sans conviction.

Il se leva, se colla à l’œilleton et frappa à la porte.

« Lestocq ? Vous pouvez m’ouvrir ? »

Rien.

Et si c’était vraiment un coup de feu ?

« Re… re… ré… ! scanda soudain, un murmure lointain.

— Je ne vous entends pas ! lança Mobius.

— Je n’ai rien dit ! » s’étonna Zacharie.

L’autre lui fit signe de se taire, le doigt sur la bouche.

« Lestocq ?

— Ren… ren… rép… !

— Et là ! Vous entendez ? »

Les syllabes sonnaient tout autour d’eux. Zacharie haussa les épaules.

« Non.

— D’où ça peut bien venir ? » murmura Mobius.

La grille d’où sortaient les gaz de réanimation, peut-être ?

« Troupier Lestocq ?

— Renonce, Renie et Répudie ! Renonce, renie et répudie ! » répéta la voix.

Mobius se jeta en arrière.

« Qu’est-ce qui vous arrive ?

— C’est… un… »

Il titubait, la tête entre les mains. La terrifiante supplique pulsait dans son crâne, contre ses tempes. Elle remontait des confins de souvenirs refoulés, comme une formule immonde martelée sans vergogne. Elle accaparait ses pensées.

D’où venaient-elles ?

Mobius le savait très bien. La nuit dernière, alors qu’il sombrait dans un sommeil profond, on avait toqué à sa porte, discrètement, juste assez fort pour le tirer du lit. Lorsqu’il avait ouvert, encore engourdi, une ombre parmi les ombres nocturnes lui apparut, le renonciateur. La créature s’était glissée à l’intérieur, devant un Mobius pétrifié, en tenue de nuit. Dans son sillage, l’odeur d’encens s’était engouffrée à son tour. L’homme en bure noir avait alors fermé la chambre.

Mobius s’appuya contre le mur, une main sur sa chaise pour se soutenir.

« Ça va ? » s’inquiéta Zacharie.

Il voulut se lever. Ses jambes tremblaient.

« Je… je vais bien… , tenta l’autre. Juste… juste une migraine. »

La créature n’était pas restée longtemps dans sa cabine. Trois minutes, tout au plus. Suffisamment pour transformer la pièce minuscule en une prison oppressante. D’une voix désincarnée, elle s’était adressée à lui.

« Vous n’avez toujours pas renoncé à vos peurs ? »

Il avait bégayé un charabia noyé dans sa bouche pâteuse.

« Nous les percevons, Monsieur Klein, vos peurs ! » avait-elle repris avec flegme.

    Le visage de Mobius s’était décomposé.

« Elles nous parasitent. Vous l’avez altéré, Monsieur Klein ? »

    Sa question s’était heurtée à un mur.

« Personne ne doit nous empêcher d’entendre, Monsieur Klein ! »

Elle avait déposé sa main squelettique sur son torse. Incapable de l’en empêcher, il s’était laissé approcher. Entre ses côtes, juste en dessous du cœur, il avait ressenti une décharge. Ses muscles s’étaient crispés une fraction de seconde. Puis elle avait replié le bras et, sans un mot de plus, avait quitté les lieux. Dans la pénombre, on pouvait douter d’avoir croisé ce mirage cauchemardesque, mais l’odeur subsistait. Mobius avait voulu vomir ; la peur lui avait enserré les tripes, compressé la gorge. Fébrile, il s’était jeté dans ses affaires à la recherche d’eau de toilette pour camoufler les volutes qui empestaient. La fiole lui avait glissé des mains.

Et à présent, il les percevait à nouveau, distinctement.

« Renonce, renie et répudie ! »

Les pensées du renonciateur.

« Renonce, renie et… »

Subitement étouffées lorsqu’une seconde déflagration retentit.

« Ça recommence, on dirait, non ? » avança Zacharie, inconscient qu’ils volaient à plusieurs kilomètres d’altitude et qu’un tir mal orienté à bord du Présage les conduirait à rencontrer une ou deux montagnes.

Mobius, lui, retrouvait ses esprits. Que se passait-il là-haut ?

Avant même qu’il ne puisse y réfléchir, la carlingue résonna d’un bruit sourd et métallique. À l’extérieur, juste à côté du hublot, quelque chose venait de frapper la paroi. Zacharie se retourna pour faire face au mur, et se glissa vers l’avant du lit. Dans un vacarme assourdissant, le hublot éclata en morceaux. Tous les deux se protégèrent les yeux d’un geste réflexe. Les bouts de verres s’étalèrent sur les couvertures. Un liquide noir tachait l’ouverture défoncée.

Du sang, jusque sur le lit, jusque sur le plancher.

Ils n’étaient désormais plus seuls. Là, un battement sec attira leur attention, comme le bruit d’une voile en prise avec le grand vent. Au sol, une créature à l’agonie fouettait l’air d’une aile membraneuse. L’autre, brisée dans l’impact, pendait lamentablement. L’os perçait la peau à l’endroit de la fêlure. Son bec, rocailleux et difforme, claquait à tout va, proche d’attraper le pied d’un Mobius effrayé. Ce dernier se glissa derrière sa chaise et s’écrasa contre la table de nuit. L’animal blessé le dévisageait de ses deux yeux globuleux. Un troisième, campé sur son front, suintait abondamment d’un liquide jaunâtre. Un éclat de verre y logeait. La créature piaillait à s’en démonter la mâchoire. D’un soubresaut désespéré, elle s’avança vers la délégation en poussant sur ses pattes arrières.

Mobius ne put réprimer un cri suraigu.

« Il va me becter ! » hurla-t-il, acculé sur le meuble dans son dos.

Zacharie tira sur sa couverture, envoyant valser les morceaux de verre dans la pièce. Mobius grimpait déjà sur la table de nuit, le regard rivé sur la chose informe qui rampait vers lui. Il se recroquevillait en équilibre.

« Attrapez-le avec ça ! lança Zacharie avant de lui jeter le drap à la figure.

— Quoi ? Vous m’avez bien regardé ? » s’excita Mobius, la couverture sur la tête.

Une traînée de sang poisseux suivait la créature. D’un vif coup de bec, elle broya les pattes de la chaise qui s’interposait. Réduit en charpie, le minuscule barrage s’écroula sur l’animal avant qu’il ne sombre, petit à petit, s’éteigne et rende son dernier soupir dans un spasme affreux ponctué de gargarismes dégoûtants.

Ses deux ailes, amorphes, s’étalaient derrière lui. La marre noire se figea.

« Vous n’auriez pas pu l’attraper vous-même ! » cria Mobius.

Zacharie semblait s’amuser du spectacle. Il souriait pour la première fois.

« Ce truc n’aurait pas fait de mal à une sardine ! »

L’autre lui renvoya la boule de tissu au visage.

« Vous… vous avez vu ma chaise ? Le hublot ? Vous vous foutez de moi !

— C’était quoi cette bestiole, un envoyé de Tuuli ? »

— Tuuli ? Encore un de vos dieux, j’imagine ? »

Zacharie fronça les sourcils. Mobius enjamba la carcasse en grimaçant.

« C’est un oiseau ! Un claque-silex ! On a eu une sacrée chance ! »

Il grimpa sur le lit et jeta un coup d’œil rapide à l’extérieur, puis se laissa glisser sur le coussin, face à son protégé. Le vent avait ébouriffé sa touffe blonde. Mobius était blême. Si blême que ses cernes ressortaient comme deux marques noires et profondes sous ses yeux.

« Pourquoi on a eu une sacrée chance ? s’inquiéta Zacharie.

— Pa… Parce qu’ils… », bégaya la délégation.

Il reprit son souffle.

« Parce qu’en claquant du bec, ils peuvent générer des étincelles », reprit-il.

Zacharie écarquilla les yeux. Visiblement, il ne comprenait pas le danger. Au-dessus de leur tête, dans les ballons du Présage, plusieurs mètres cubes de gaz inflammable les soutenaient dans les airs.

Dehors, des dizaines d’oiseaux furieux traversaient les nuages, jusqu’à eux.

 


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